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C’est moi qui choisirai ce sens

Il est des phrases qui nous interpellent à leur lecture ou des mots qui font écho lorsqu’on les entend. C’est un peu ce qui m’est arrivé lorsque j’ai écouté un extrait de l’intervention d’Emmanuelle Duez. Cette intervention date de la 4ème édition du « P+sitive Economy Forum » qui s’est tenue au Havre du 16 au 19 septembre 2015.

Cette jeune femme est créatrice d’une startup de conseil, « The Boson Project », engagée à faire bouger les lignes dans les entreprises en mettant les collaborateurs au cœur du processus de transformation, notamment les plus jeunes. L’extrait de son intervention porte sur la génération Y face au monde de l’emploi. Je vous en livre un passage :

« Cette jeune génération (génération y) dans le monde de l’emploi, elle sait que personne ne l’attend et donc elle rêve d’un autre monde. Elle sait que l’entreprise ne pourra lui promettre ce qu’elle a promis à ses parents. Et donc elle s’invente une autre destinée, une autre épopée. Et donc elle se dit finalement, que plutôt d’aller très haut, très vite, très loin, j’irai à côté. Bébé de la précarité intégrée et non subie, je constituerai ma vie comme un chapelet avec une série d’expériences professionnelles, toutes différentes, toutes kiffantes, à forte valeur ajoutée. Et à la fin, je me dirai que ça fait sens, et c’est moi qui choisirai ce sens. Ce sens sera le mien ».

Certes, cette génération Y n’est pas la mienne, mais c’est l’idée même de notre place à prendre dans le monde du travail qui fait écho en moi : constituer sa vie comme un chapelet avec une série d’expériences, c’est ce que chacun de nous se doit afin de mener sa vie professionnelle comme il l’entend. Et ce, avant tout, pour pouvoir se respecter, puis s’estimer.

Notre système d’informations alarmistes aide à l’augmentation du mal-être en entreprise. La majorité des individus n’osent pas quitter leur emploi de peur de ne pas retrouver un poste. C’est le début du désinvestissement de soi par peur de l’échec peut-être, mais surtout parce que l’aspect financier de nos vies, lié très souvent à un endettement, prend la part du roi. Mais finalement, une belle maison ou une belle voiture ne comble pas l’épanouissement que l’on attend de sa vie professionnelle.

C’est certainement pour ce besoin de sens que de plus en plus de personnes osent, envers et contre l’avis de leurs proches, faire le pas vers un autre univers professionnel : changement d’entreprise, de métier, création de sa propre structure… Si elles se sont préparées a minima, si elles ont posé les avantages et les inconvénients et pris conscience des risques encourus, ces personnes ressortent souvent grandies de leur expérience. Même si celle-ci n’est pas exactement ce qu’elles avaient prévu. Même si celle-ci prend fin plus rapidement que prévu. Parce qu’elles se sont retrouvées en chemin.

Je me plais à croire qu’Emmanuelle Duez dit vrai. Que la nouvelle génération subira moins l’entreprise que la nôtre. Qu’elle participera à réinventer l’entreprise afin que chacun s’épanouisse.

Et si ces mots font écho en moi, c’est parce que lorsque je me retourne sur mon parcours professionnel, je m’aperçois que j’ai constitué mon chapelet d’expériences. Aujourd’hui, elles font sens parce que je choisis ce sens au quotidien dans mon activité libérale.

Marie-Christine Sini

11/02/2016

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